FRANÇOIS CARRÉ PARTAGE :

françois carre

Physiologiste cardiovasculaire et cardiologue du sport. CHU Pontchaillou-Université Rennes 1-INSERM 1099

« L’activité physique améliore la santé mentale, les résultats scolaires

et la santé sociale des enfants »

 

Réalisé en collaboration avec l’association Premières Balles, qui fait bouger les pitchounes pour améliorer leur capital santé, cet entretien avec le Professeur François Carré met en lumière le rôle essentiel de l’activité physique dans le développement global des enfants. Estime de soi, gestion du stress, capacités d’apprentissage, santé cardiovasculaire ou encore liens sociaux : ses bienfaits sont nombreux, à condition que le mouvement trouve pleinement sa place dans le quotidien.

Vous pouvez retrouver ci-dessous la retranscription de l’interview, ainsi que sa version audio, (intervention du Professeur François Carré de 00:00 à 08:12).
💻 Site internet de l’association Premières Balles : https://premieresballes.com/
🎧 Lien vers l’interview : https://youtu.be/V-jgEUOrSA8

 

 

 

 

L’activité physique, un levier majeur pour la confiance en soi

Pour François Carré, les bienfaits de l’activité physique et sportive sur la santé mentale des enfants sont multiples. Elle contribue d’abord à renforcer la confiance en soi et l’estime de soi.
🗣️💬 « Une meilleure confiance en soi, une meilleure estime de soi. »

L’activité physique favorise également l’engagement, la persévérance dans l’effort et l’acceptation de la progression. Selon lui, elle aide aussi les enfants à gagner en assurance dans la vie de tous les jours.

Autre point important : elle est également associée à de meilleurs résultats scolaires.
🗣️💬  « Les enfants qui font de l’activité physique et sportive ont de meilleurs résultats scolaires en moyenne que les autres. »

Il rappelle aussi que ces effets s’observent sur le plan physiologique, y compris au niveau du cerveau. Certaines zones se développent davantage chez les enfants actifs. Mais il insiste sur un point essentiel : ces bénéfices diminuent lorsqu’on arrête. Comme toute thérapeutique non médicamenteuse, l’activité physique n’agit que si elle s’inscrit dans la durée.
🗣️💬 « Quand on arrête, on perd les bienfaits. »

 

 

Inactivité, sédentarité et écrans : un trio préoccupant

Interrogé sur la gestion du stress, de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes, François Carré insiste sur un constat de plus en plus préoccupant : les troubles liés à la santé mentale ont augmenté, notamment depuis la période du Covid.

Il rappelle que cette fragilité psychologique est souvent aggravée par l’inactivité, la sédentarité et le temps excessif passé devant les écrans. Le manque de mouvement peut renforcer le sentiment d’ennui, la baisse d’estime de soi et certaines formes de mal-être.
🗣️💬  « Ce phénomène de dépression, ce phénomène de manque d’estime de soi, d’ennui, je dirais, est majoré par le fait d’être très inactif et très sédentaire et, en plus, malheureusement, d’être trop exposé aux écrans. »

La sédentarité, définie comme le temps passé assis ou couché en état d’éveil, est aujourd’hui largement associée au temps d’écran, ce qui accentue encore le problème.

 

 

Une santé cardiovasculaire qui se construit dès l’enfance

François Carré souligne également l’importance de l’activité physique pour le système cardiovasculaire. Il rappelle que la capacité physique, notamment la consommation maximale d’oxygène, se construit pendant l’enfance et l’adolescence. Or, cette capacité dépend directement de l’activité physique et du sport.
🗣️💬  « C’est pendant l’enfance et l’adolescence qu’on va se la créer, se la mettre en place. »

Plus cette capacité est bonne, plus le risque de développer certaines pathologies diminue.

À l’inverse, le manque d’activité physique expose les jeunes à des risques de plus en plus précoces. Le professeur alerte notamment sur l’apparition de pathologies autrefois réservées à l’âge adulte, comme le diabète de type 2, désormais observé chez certains adolescents.

Il évoque aussi l’augmentation de la pression artérielle, du cholestérol et de la glycémie chez les plus jeunes, autant de signaux inquiétants. Pour lui, ces évolutions montrent que les enfants et les adolescents préparent trop tôt le terrain de futures maladies cardiovasculaires, surtout lorsque le surpoids ou l’obésité s’installent durablement.
🗣️💬 « Nos enfants, nos adolescents, développent des maladies de vieux. »

 

 

Le plus important : bouger chaque jour

L’un des messages centraux portés par François Carré est clair : ce qui est recommandé, ce n’est pas nécessairement de “faire du sport”, mais de bouger chaque jour.
🗣️💬  « Ce qui est recommandé, ce n’est pas de faire du sport. Ce qui est recommandé, c’est de faire une heure d’activité physique, c’est-à-dire de bouger une heure dans sa journée. »

Cette heure peut être fragmentée : six fois dix minutes dans la journée peuvent déjà faire la différence. Marcher une partie du trajet vers l’école, monter les escaliers plutôt que prendre l’ascenseur ou encore limiter le temps passé assis sont autant de leviers simples à activer au quotidien.

Le professeur insiste aussi sur l’importance de la régularité. Selon lui, les bénéfices de l’activité physique s’estompent au bout de 36 à 48 heures. Autrement dit, pratiquer uniquement le mercredi et le samedi ne suffit pas.
🗣️💬  « Il faut chaque jour bouger un petit peu. »

Il invite également les parents et les grands-parents à montrer l’exemple et à accompagner les enfants dans ces habitudes de vie. Marcher avec eux, privilégier les déplacements actifs ou encourager les petits efforts du quotidien peut être bénéfique pour toute la famille.

 

 

Les sports collectifs, un atout supplémentaire pour la santé mentale

Enfin, François Carré met en avant les bénéfices spécifiques des sports collectifs. En plus des effets déjà connus de l’activité physique sur la santé mentale, ces pratiques développent des compétences sociales et cognitives particulièrement précieuses.

Dans un sport collectif, l’enfant apprend à aider son partenaire, à coopérer, à parfois s’effacer pour mettre l’autre en valeur.
🗣️💬  « On apprend à s’effacer devant le partenaire quand il y a besoin, lui faire la passe décisive. »

Ces pratiques stimulent également la réflexion, la coordination, la capacité d’anticipation et d’adaptation, puisque l’enfant doit prendre des décisions tout en étant en action.

Mais surtout, le professeur remet en lumière une dimension souvent moins évoquée : la santé sociale.
🗣️💬  « On a oublié le troisième pilier de la santé, qui est la santé sociale. »

Jouer dans une équipe, aller vers les autres, apprendre à interagir, à coopérer et à construire des liens fait pleinement partie de la santé. Et dans une société où ces dimensions tendent parfois à s’effriter, le sport collectif apparaît comme un levier particulièrement précieux.

 

 

Une vision globale de la santé des enfants

À travers cet entretien, François Carré rappelle que l’activité physique ne se limite pas à la performance sportive. Elle constitue un véritable outil de prévention, d’épanouissement et d’éducation.

Pour la santé mentale des enfants, ses effets sont concrets : meilleure estime de soi, meilleure capacité à gérer l’effort, bénéfices sur l’apprentissage, réduction des effets délétères de la sédentarité et développement du lien social.

Le message qui ressort est simple, mais essentiel : pour mieux grandir, mieux apprendre et mieux vivre ensemble, les enfants ont besoin de bouger, chaque jour.